vendredi 30 janvier 2015

Le crowdfunding va-t-il sauver notre patrimoine ?

La plateforme de crowdfunding Ulule vient de publier son bilan 2014 : une importante progression et des projets financés pour sauver le patrimoine et des entreprises historiques.
Il faut bien l’avouer : lorsque nous vous parlons de crowdfunding, c’est généralement en lien avec la présentation d’un objet connecté qui a fait le choix de Kickstarter & co pour réaliser son financement et tester/prouver l’intérêt du public. Ce fut le cas de Giroptic, Prizm, Keecker, B4rm4n, et tant d’autres.

Et pourtant, le crowdfunding a une portée beaucoup plus large et intéressante que le « simple » financement de votre prochain gadget technologique : de quoi se positionner véritablement en nouvelle révolution dans les années à venir.

C’est en épluchant le bilan 2014 de la plateforme de crowdfunding Ulule que cela m’a frappé.



Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est intéressant de se pencher sur quelques chiffres clefs annoncés par Ulule pour son année 2014 :

13 millions d’euros collectés (le double de 2013)
3 503 projets financés
254 000 contributeurs (contre 150 000 en 2013)

Une belle progression de la plateforme qui voit également la typologie des projets s’enrichir avec la taille de sa communauté.

Bien sûr, vous retrouverez les habituels objets connectés (et notamment cette semelle chauffante connectée) ou les projets artistiques avec la production du DVD Live des Fatals Picards, mais une part des projets prouve l’impact social et sociétal du crowdfunding. Une campagne de crowdfunding lancée par le musée d’Orsay ? C’est arrivé en 2014. Sauver un titre de presse ? C’est arrivé 2 fois en 2014 !

En effet, les salariés de Nice Matin ont fait appel au crowdfunding en Août dernier pour racheter leur journal grâce aux 376.000€ collectés auprès de 2733 personnes. Une victoire qui aura permis de sauver des emplois et offrir un nouvel élan à ce titre de presse. Même parcours pour Terra Eco qui rassemblera les 100.000€ nécessaires à pérenniser les 21 emplois générés. Et même type d’impact pour la reprise d’une librairie emblématique de Clermont-Ferrand.



Mais c’est aussi le choix du musée d’Orsay de faire une campagne pour restaurer un tableau de Gustave Courbet, offrant des accès VIP aux musées et à ses experts. Des projets de crowdfunding qui donnent également le droit à une déduction fiscale. Ainsi, si vous décidiez de mettre 2500€ sur le projet du musée d’Orsay (ce qui vous offrait un dîner privé au musée en présence d’experts et une visite privilégiée de la salle Courbet), le montant retombait à 850€ après déduction fiscale (ou 34€ si vous aviez mis 100€). Une vraie incentive supplémentaire pour aider ces projets qui vous mettent au même rang que Catherine de Médicis.

Mais ce ne sont plus simplement des exceptions qui confirment la règle. La fondation VMF a ainsi financé pas moins de 7 restaurations d’éléments du patrimoine (dont 3 châteaux, 1 forteresse, 1 église et une abbaye) grâce à Ulule. 7 projets qui ont largement dépassé le montant fixé.

Si le crowdfunding commence à prendre sa place parmi les modes de financement « communs », nous pourrions être surpris de voir jusqu’où celui là aidera à financer notre monde de demain.

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