samedi 18 juillet 2015

Le premier hôtel géré par des robots ouvre ses portes au Japon

La réceptionniste de l’hôtel a l’air sympathique, avec son grand sourire, ses battements de cils et son uniforme blanc propret. Mais une fois la conversation engagée, il n’y a pas à s’y tromper : « Pour vous enregistrer, tapez 1 ». Car dans l’hôtel Henn-na, qui ouvre ses portes vendredi 17 juillet dans un parc d’attractions de Sasebo, dans le sud du Japon, la grande majorité du personnel est constituée de robots.

Et cela commence par l’accueil, avec cette réceptionniste androïde, accompagnée au comptoir voisin d’un dinosaure animé, ainsi que, cocorico, du robot français Nao. Le futur semble déjà là, mais il ne tient pas encore toutes ses promesses : difficile de converser avec ces robots, qui redirigent directement les clients vers un écran tactile pour qu’ils s’enregistrent.


« On va observer la réaction des clients »

« Nao est là pour offrir un accueil original, en donnant des informations. Il vous dit “Bienvenue à l’hôtel, vous pouvez vous enregistrer sur cette borne”, il peut vous donner les horaires du petit-déjeuner », explique au Monde.fr Aurore Chiquot, directrice de la communication d’Aldebaran, l’entreprise française qui commercialise ce petit robot. Elle le reconnaît, « pour l’instant, c’est un peu simple, mais c’est une première étape », assure-t-elle.

« On va observer la réaction des clients dans un premier temps, pour voir ce qu’il serait possible de faire plus tard. C’est une manière de tâter le terrain. Ca va s’enrichir par la suite, on pourra peut-être par exemple avoir un dialogue avec Nao, qui sait déjà le faire. »


Parmi les autres créatures qui peuplent les lieux, un robot roulant apporte les bagages dans une des soixante-douze chambres, qui s’ouvrent par reconnaissance faciale. Et sur la table de nuit, un petit robot à l’allure enfantine, baptisé Tuly, allume ou éteint les lumières si on le lui demande – les murs sont dénués d’interrupteurs. Il est également capable de répondre à des questions simples, portant sur la météo par exemple.

Dans l’entrée du bâtiment, un bras mécanique géant, protégé par une vitre, fait office de vestiaire et de coffre-fort : il range dans de petits box les objets que lui confient les clients.


Nuit à 66 euros

Cet établissement semble avant tout faire office de nouvelle attraction dans le parc, et de belle opération de communication – la presse a d’ailleurs été invitée à visiter l’établissement la veille de l’inauguration. Mais Hideo Sawada, le directeur, jure que son objectif n’est pas uniquement d’amuser la clientèle et de créer des images spectaculaires avec des robots-gadgets. « Je voulais mettre en avant l’innovation », a-t-il assuré aux journalistes. « Je voulais aussi faire quelque chose face à la montée des prix des hôtels ». Une nuit dans celui-ci coûte environ 9 000 yens, soit 66 euros. Les robots, en effet, ne réclament pas de salaire, ni de congés, et sont exploitables 24h/24h, 7 jours sur 7. Pas terrible pour l’emploi… Mais le Japon connaît un taux de chômage historiquement bas, à 3,3 %.



Toutefois, les robots de cet hôtel ne sont pas encore assez perfectionnés pour se passer entièrement des humains. Ils ne savent, par exemple, toujours pas faire les lits. Les caméras de surveillance sont également suivies par des salariés en chair et en os, qui s’assurent qu’aucun incident n’a lieu… Ni qu’aucun client ne s’enfuit avec un robot sous le bras !

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