vendredi 6 mars 2015

Les FabLabs se multiplient, mais à quoi servent-ils?

Des ateliers de fabrication numérique, ou « Fab-Labs », éclosent ici et là en Belgique francophone. Inauguré en juin 2013, le ReLab liégeois a joué le rôle de précurseur.

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iMal a été le premier espace ouvert dédié à la fabrication numérique à Bruxelles.
    iMal a été le premier espace ouvert dédié à la fabrication numérique à Bruxelles.
La spécificité du ReLab liégeois, installé place Saint-Etienne à deux pas de l’incubateur ID Campus, est de miser sur l’utilisation de matériaux de récupération comme matière première, en liaison avec les nouveaux moyens de fabrication et de communication numérique. Cet espace, encadré par l’ASBL ETNIK’Art, ne cache pas sa dimension artistique.

D’autres se préparent à le rejoindre, avec leurs accents propres, mais toujours avec la même logique d’un espace ouvert dédié à la créativité. A Louvain-la-Neuve, le Makilab vient de boucler une petite levée de fonds via crowdfunding (8.000 euros) pour acheter une machine à découpe laser. Dans le Hainaut, l’ASBL FabLab Mons, qui rassemble l’Université de Mons, La Maison du Design, ARTS², la HEH, Transcultures et Technocité, ouvrira ses portes à la rentrée. A Namur, le futur TRAK[K], espace pluridisciplinaire dédié à la créativité et l’innovation, comptera également son FabLab.

Très souvent, le FabLab est l’un des ingrédients des programmes « Hubs créatifs » soutenus par la Région wallonne, en attendant une pérennisation l’année prochaine via les fonds européens Feder.

iMal, situé Quai des charbonnages à Molenbeek, a été en 2012 le premier FabLab à Bruxelles. Il est ouvert à tous les « créatifs », qu’ils soient artistes, designers, développeurs, ingénieurs bricoleurs ou tout simplement citoyens curieux et prêts à expérimenter et apprendre. Ses initiateurs, des artistes et informaticiens, sont persuadés que la fabrication numérique, notamment l’impression 3D, marque le début d’un changement radical dans la façon dont les objets physiques sont conçus et fabriqués, apportant de nouveaux processus de design participatifs et ouverts. L’approche, qualifiée d’« open hardware », est aux objets ce que le mouvement « open source » est aux logiciels.

« Le concept des FabLabs est né au MIT à Boston. Leurs ambitions peuvent être diverses, certains visent surtout le prototypage pour des start-up, d’autres sont liés aux universités, d’autres encore ciblent plutôt les passionnés qui ont trouvé là un nouveau hobby. Mais tous sont réunis par une charte qui impose un certain nombre de points à respecter : chaque FabLab doit compter au moins quatre machines (une imprimante 3D, une découpeuse vinyle, une découpeuse laser et une fraiseuse numérique CNC), il doit être ouvert à tous et il doit stimuler le partage des connaissances. Chacun est par exemple invité à partager ses réalisations sur internet », explique Régis Lomba, ingénieur chez IBA à Louvain-la-Neuve, qui a lancé le Makilab par pure passion, avec deux amis ingénieurs civils.

Dans un premier temps, le Makilab, hébergé au CEI (Centre d’entreprise et d’innovation), ne sera ouvert qu’en soirée et les week-ends. Mais il est question, dans le cadre du « hub créatif » qui va se mettre en place ces prochains mois, d’élargir les créneaux horaires pour les jeunes entreprises de la région qui veulent tester leurs concepts via du prototypage rapide.

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