vendredi 28 mars 2014

Après Twitter, la Turquie bloque YouTube


Une semaine après le début du blocage de Twitter en Turquie, le pays a fermé jeudi soir l'accès à YouTube à l'intérieur de ses frontières. La raison : une vidéo d'intervention militaire confidentielle en Syrie y est diffusée.
Alors que les élections municipales se tiendront en Turquie dimanche prochain, le gouvernement du pays a bien du mal à contenir les fuites dérangeantes concernant ses dirigeants. Après Twitter, censuré depuis une semaine après la publication d'enregistrement mettant en cause le premier ministre Recep Tayyip Erdogan dans une affaire de corruption, c'est au tour de YouTube de subir les foudres du gouvernement.

Dans une vidéo publiée en milieu de semaine sur la plateforme,« quatre personnes présentées comme étant de hauts responsables turcs, dont M. Davutoglu et le chef des services de renseignement (MIT) Hakan Fidan, évoquent ouvertement le scénario d'une opération secrète susceptible de justifier ensuite une riposte militaire turque en Syrie » explique l'AFP. Si l'authenticité de la vidéo n'a pas été confirmée, le ministère des affaires étrangères turc a qualifié cette dernière de « claire déclaration de guerre à l'Etat et au peuple turc ».

YouTube a été bloqué jeudi soir en Turquie. Les internautes qui tentent actuellement de s'y connecter se trouvent face à un message expliquant que « L'accès a été bloqué par l'Autorité turque des télécommunications ». Un message proche de celui affiché par Twitter dès jeudi dernier. On peut d'ailleurs noter que le réseau social est toujours bloqué en Turquie malgré la récente décision du tribunal administratif d'Ankara, et pour cause : l'Etat a 30 jours pour se conformer à la décision de rouvrir l'accès. Il est presque certain que le gouvernement ne débloquera pas l'accès à Twitter avant les élections du 30 mars prochain, riches en enjeux pour le premier ministre, de plus en plus critiqué.

Le blocage de YouTube a une nouvelle fois fait réagir Neelie Kroes, la commissaire européenne en charge des nouvelles technologies. Cette dernière estime qu'il s'agit « d'une nouvelle tentative désespérer et déprimante » de freiner la liberté d'expression.

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