samedi 9 février 2013

La Paper Tab

Source : La fonderie


paper-tab

énième prototype sans avenir ou véritable avancée vers le papier numérique ?

Le CES 2013, vitrine de l’électronique grand public, a révélé quelques ovnis technologiques tels que la fourchette intelligente (HapiFork de chez SlowControl) ou le petit outil connecté capable de diagnostiquer le mal-être des plantes vertes (Flower Power de chez Parrot). Une autre innovation, certes moins exotique, a cependant de quoi retenir l’attention, il s’agit de la Paper Tab.


Conçue par Intel, en collaboration avec l’Université Queen’s au Canada, la Paper Tab est comme son nom l’indique une tablette imitant le papier, à l’aide d’une dalle tactile souple, utilisant de l’encre électronique. Certes, de nombreux prototypes de ce genre ont été proposés ces dernières années, mais ce nouvel essai comporte des avancées non égalées en termes d’interactivité et de connectivité. Si les constructeurs venaient à pousser ce concept jusqu’à son aboutissement, naîtrait alors une tablette « best-of-breed » capable de répondre aux besoins spécifiques des entreprises, comme aucune ne sait le faire à ce jour.

Un nouveau terminal tactile, différent des tablettes généralistes
Tout d’abord, bien qu’exploitant des composants similaires, cette nouvelle tablette est plus sophistiquée que les liseuses commercialisées actuellement. Elle propose en effet d’utiliser des applications bureautiques, de parcourir des dossiers partagés ou de se connecter selon la plupart des protocoles existants (WiFi, Bluetooth, USB). Pour autant, elle s’éloigne des tablettes généralistes grand public en proposant un environnement simplifié, épuré et adapté à l’utilisation professionnelle. Ainsi, plus question d’installer des applications ou de devoir fouiller les menus de paramétrage, la tablette est livrée totalement clés en main. L’objectif n’est plus d’attirer le regard ou de proposer des gadgets superflus : il s’agit de répondre aux besoins essentiels des utilisateurs, tout en étant à même de séduire les inconditionnels du papier, jusqu’à présent réticents.

Les usages potentiels de cette tablette dans un cadre professionnel
A l’heure du bon sens écologique et économique, l’utilisation de cette tablette pourrait ainsi remplacer l’impression des supports de réunion. Chaque participant, équipé de son « device », peut parcourir le document tout en ayant la possibilité de prendre des notes ou d’apporter ses modifications grâce aux outils bureautiques proposés dans l’environnement applicatif, afin d’envoyer directement le résultat à ses collègues. Par ailleurs, à l’instar du prototype d’Intel, cette tablette idéale est capable de gérer le multi-écrans. Désormais, sans manipulation complexe, les participants d’une séance de brainstorm peuvent combiner leurs tablettes pour en faire une grande surface de travail et de partage, remplaçant le sempiternel paperboard et supprimant qui plus est la pénible tâche de décrypter ce qui y était écrit.
Quant à l’entreprise, elle y trouve également son compte puisqu’il s’agit d’un produit léger, moins fragile que les tablettes usuelles et potentiellement moins coûteux. On pourrait même imaginer que la tablette soit un équipement en libre-service, au même titre que les imprimantes ou vidéoprojecteurs. C’est une gestion de flotte différente de celle appliquée aujourd’hui pour les smartphones de fonction, mais elle réduirait significativement le nombre d’équipements nécessaires.

La tablette best-of-breed : mythe ou réalité ?
Il existe bel et bien un business case pour le développement d’un terminal tactile spécialisé tel que celui-ci. Il aurait un coût unitaire inférieur à celui d’une tablette généraliste en s’en tenant aux composants essentiels. De plus, il serait possible d’établir un partenariat avec un système d’exploitation qui permettrait aux utilisateurs de travailler dans un environnement sécurisant et avec des outils connus, sans rupture avec les technologies déjà déployées en entreprise. « Le constructeur qui sera le premier à oser la diversification en misant sur ces concepts pour les développer à grande échelle obtiendra potentiellement une part de marché immense. » estime Rebecca Krief, consultante Kurt Salmon.

Pourtant du côté des constructeurs, si l’on regarde l’état du marché, il semble que ce ne soit qu’une utopie lointaine. En effet, leur roadmap actuelle ne prévoit qu’une commercialisation à long terme de ce type de produits. Mais tandis que le marché des liseuses stagne, celui des tablettes généralistes (iPad, Galaxy Tab, Surface…) se développe rapidement auprès des professionnels – selon Gartner, les entreprises pourraient représenter 35% du marché mondial des tablettes tactiles en 2015. En parallèle, les pratiques BYOD se développent et les salariés s’équipent de leur propre tablette généraliste, rendant obsolètes ou superflus les outils choisis par leur entreprise. Afin de ne pas arriver au sein d’un parc déjà saturé par des tablettes moins « best-of-breed », c’est donc à très court-terme que les constructeurs devraient s’attaquer à cette niche, sans quoi ces beaux projets resteront sur le papier.

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